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 — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.

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Gabriel Tinuviel
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MessageSujet: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Jeu 28 Avr - 15:03


      Plus le temps passe,
      Plus je me perds.

    J’étais parti pour commencer une nouvelle vie, pour découvrir enfin qui j’étais et peut-être avec de la chance trouver certaine réponse. Mais il n’y avait rien. Rien mis à part le néant. Je ne trouvais pas les réponses à mes questions, ni même la confiance et le courage pour aller les chercher. Je pouvais toujours choisir la faciliter. Aller parler de mes questions existentielles à mes parents mais... Avec mon père, la relation était un peu trop complexe à mon gout et ma mère... A vrai dire je ne savais même pas comment elle allait réagir. Non, vraiment, la facilité ce n’était pas pour moi.

    Où j’étais, ce que je faisais, rien de tout ceci n’avais pour le moment vraiment d’importance. J’étais ici et là-bas, à la frontière d’un monde qui n’existe pas. Jouant comme à mon habitude avec ce don si particulier que j’avais, créant avec amusement des arcs électriques entre mes doigts fins. Mes yeux bicolores tentaient de capturer chaque mouvement brusque de cette énergie se débâtant habillement entre mes mains. Je soupira, las. Le soleil était encore haut, je m’étais entrainé hier une bonne partie de la journée durant. Aujourd’hui, je n’avais vraiment pas envie de recommencer. Alors, qu’allais-je faire ? Je me laissa glisser contre un tronc de cerisier en fleur. De ma petite colline, je pouvais voir Nëridia au loin et quelque marchand avec leurs montures. Je me laissa distraire par cette agitation au loin. Rien de plus, rien de moins...

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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Jeu 28 Avr - 23:12


    Il n'y avait rien ce jour là de bien palpitant dans cette ville. La fourmilière était déjà en pleine activité alors même que je venais juste d'arriver. Ciel clair, brise légère, soleil éclatant; c'était un jour magnifique et chaleureux et pourtant moi, l'enfant solitaire, je ne le ressentais pas ainsi. Mon corps avait chaud mais moi, j'étais de glace face à tant d’agitation et au bonheur débordant des badauds qui couraient le long des ruelles de la cité. Trop de bruits... C'est tonitruant. Trop de monde.. C'est oppressant. Trop de parfums... C'est inébriant.
    Je n’aimais réellement pas cette atmosphère et pourtant j'y restais, je me devais d'y demeurer; pour tous ceux qui avaient donné de leur temps, de leur sueur, de leur énergie pour moi. Je n'étais rien qu'une enfant mais cependant, ils n'avaient pas hésité à me venir en aide sans rien demander en retour que de subsister à leurs côtés. Se que je me résolut à faire finalement... C'est ainsi que moi, Ariane, je venais à parcourir les rues pleines d’alcôves, à la recherche de plantes et autres remèdes dont je n'avais pas déposé le brevet.

    Seulement en ce début d'après-midi, je n'avais guère besoin de tout cela. Mes patients étaient en pleine forme et possession de leurs moyens physiques. Se qui m’amenais pour une fois, à pouvoir sortir de cet ville enfer. Au loin là bas sur la colline qui surplombait le village, prônait un arbre... un cerisier... en fleur... Magnifique et majestueux. Il était magnétique et m'attirais comme un aimant. Une irrépressible envie de m'évader à son contact: son tronc, ses branches supportant les délicates fleurs si merveilleuses; l'odeur enivrante et raffinée... Je ne tiens plus...
    Sans prendre conscience des regards de travers qui viennent se poser sur moi, je me dirigeais irrémédiablement vers l'arborescence solennelle. Le souffle court court, la peau légèrement humide, les cheveux emmêlés et le cœur; battant à tout rompre j'arrivais bientôt au pied de l'arbre. Essoufflé, je reprenais passablement une respiration se voulant plus calme. Les fleurs étaient toutes écloses...

    - Tu n'as pas besoin des autres pour vivre toi mais, tu as l'air si triste...

    Alors que ma main s'était posée paisiblement sur l'écorce douce du tronc fin du cerisier, je m'exprimais à voix haute; ne pensant guère qu'on puisse me prendre pour une folle, étant seule. Doucement, mon front vint se coller sur l'enveloppe végétale qui me redonnait un peu de force.


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Gabriel Tinuviel
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Ven 29 Avr - 13:19


    Le vent parfois m'apportait quelques odeurs venues d'ailleurs, de Nëridia et de bien plus loin encore. Les marchands d'épices venaient d'arriver là-bas. La place était bondé, certains s'installaient déjà en dehors de la ville. Petit à petit, le foule se dispersa, chacun allant vers les étalages les plus intéressants autant pour ce qu’ils contenaient que pour leurs prix sans doute. Une fine silhouette se détacha pourtant du groupe pour se diriger vers cet arbre où j’étais. Cela ne m’embêta pas le moins du monde après tout ce bel arbre n’appartenait à personne. Je me redressa, toujours contre l’arbre néanmoins et observa l’arrivé de l’inconnu. C’était une jeune femme, la vingtaine sans doute et à son odeur ce n’était ni une Vampire, ni une Falariel. L’hypothèse d’une Nyra me sembla infondé, elle avait plus l’apparence d’une frêle et délicate Humaine qu’autre chose. Cette même race qui avait pris pour habitude de rester éloignée de nous... J’eu un très court rire. Comme c’était ironique. Où peut-être était-elle inconsciente ? Après tout malgré mes nombreuses fugues et autres aventures, mon apparence était plutôt connue. Où peut-être ne m’avait-elle pas reconnu, pas vu ? Je souris dans le silence alors qu’elle arrivait à l’opposé d’où j’étais. Je ferma les yeux, me concentra uniquement sur les flux électriques. Je pouvais percevoir ses mouvements, ainsi que l’activité environnantes alentours. Ce don était à la fois effrayant et extraordinaire.

      - Tu n'as pas besoin des autres pour vivre toi mais, tu as l'air si triste...

    Je souris. Elle ne m’avait donc pas vu. Elle parlait à l’arbre qui étrangement vit son activité interne se modifier. Lui répondait-elle ? C’était un mystère pour moi, après tout ni mon affinité élémentaire, ni mon don me permettait de communiquer avec la nature. Certains l’aurait sans doute prise pour une folle, oui. Les Civils par exemple. Mais pas moi, après tout ma mère parlait bien parfois au vent et mon père à des lames qui semblaient avoir une conscience. Comment pouvoir se moquer de quelqu’un qui parle à la nature dans ces conditions ? Je ne bougea pas, toujours les yeux clos, me repérant grâce à l’énergie électrique, je répondis à sa phrase.

      — C’est parce qu’il est seul.

    Ce grand arbre était seul sur sa colline. Tout autour il n’y avait plus que plaines, chemins et champs. Il semblait seul rescapé de l’avancé de la ville Falariel, Nëridia. Mais en même temps, cela lui donnait un certains charme. J’avais dis cela mais après tout, comment pouvais-je savoir si cet arbre savait communiquer ? Si c’était le cas, était-il vraiment seul ? La terre étant partout sur ce monde. Encore des questions sans réponse. Je détestais ça...

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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Mar 3 Mai - 9:50

    L'écorce était fraiche contre ma joue, mais rappeuse aussi ou rugueuse, je n'y faisais pas réellement attention. Se qui retenait mon attention était le souffle léger et rauque qui montait des tréfonds de l'arbre, comme un grondement sourd et étouffé. Une réponse très rapide qui me fit tout de même comprendre à quel point j'avais vue juste. Seul, en haut de cette colline, il avait été privé de son "jumeau". Un autre cerisier, planté en même temps que lui, mais qui fut abattue alors que la ville était encore à l'état pittoresque. Aujourd'hui, il ne reste plus que les racines de ces être végétal, entremêlées aux siennes sous cette terre immobile et immuable. La solitude, il s'y était fait mais, parfois encore, il regrette le temps où lui et son frère étaient ensemble, figés au sommet de cette bute. Maintenant, il est trop tard pour lui...
    Le mugissement imperceptible se mut en une longue plainte laconique. Des pleurs invisibles et que l'on n'entends pas, si l'on n'y prête pas garde ou si l'on s'en fiche.

    Caressant doucement l'enveloppe de bois, je tentais d'apporter un minimum de réconfort à ce végétal qui venait à peine d'exprimer sa douleur, enfermée depuis si longtemps au sein même de son tronc tubulaire. C'est là, qu'une voix humanoïde et plutôt... Masculine; s'éleva dans le ciel clair et limpide de cette journée.

    — C’est parce qu’il est seul.

    Comme un carillon se balançant doucement sous les assauts du vent, cette parole semblait tout droit venir d'un rêve. Vous savez? Ces songes où un homme masqué vient à votre secours et qui, en vous enlaçant tendrement, vous enlève dans un des plus beaux endroits d'où lui seul et maintenant vous connaissez l'existence. Ces même chimères où cet inconnu vous susurre, au creux de l'oreille, les mots que vous aviez toujours espérer...
    C'est cela, que je ressentis quand la personne s'adressa à moi et s'en était déroutant. Me penchant calmement vers la silhouette cachée derrière l'arbre, j'y découvris finalement un homme. Enfin... Un jeune homme devrais-je dire. Peut être la vingtaine, plus vieux que moi? Quand sais-je réellement. De longs cheveux de jais, aussi sombres que la nuit; la peau laiteuse et les yeux clos. Une expression impénétrable était figée sur son visage angélique. Il avait l'air d'un dieu ou, plus humblement, d'un noble. Qui était-il?! Comprenait-il lui aussi les jérémiades des enfants de Mère Nature?! Où était-ce simplement de l'ironie envers moi après m'avoir entendu parler à un arbre?! Et depuis quand était-il ici au juste?!?!
    Bien des questions se bousculaient dans ma tête et pourtant... Je ne pus pas m'exprimer autrement que par quelques simples mots, comme si je ne pouvais pas être digne de lui adresser la parole...

    - Vous avez sans doute raison Monseigneur. La solitude n'ai jamais qu'une ami traitre mais, parfois, il se peux qu'elle devienne notre seule alliée face à nos problèmes. Dans son cas. Dis-je en regardant l'arbre à nouveau. On lui a arraché sa seule famille et depuis... Il supporte sa condition sans faillir, sans faiblir, en donnant chaque année ses plus belles fleurs et finalement, il se meurt pour l'hiver, un peu plus à chaque fois...

    L'éloquence d'un marsouin combiné avec la syntaxe d'un primate. Telle était la vision que je devais donner à ce jeune individu si solennel et majestueux. La peau de mes joues prit alors une belle carnation rougeâtre... Il commence à faire chaud dites-moi... Me retournant complètement en m'adossant à l'écorce douce, je me mis à prier qu'il n'ait pas remarqué mon brusque changement d'attitude et, moins encore, mon rougissement...

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Gabriel Tinuviel
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Sam 7 Mai - 13:45


    Je dévoila mes iris bicolores, plongeant mon regard vers le lointain.

      - Vous avez sans doute raison Monseigneur. La solitude n'ai jamais qu'une ami traitre mais, parfois, il se peux qu'elle devienne notre seule alliée face à nos problèmes. Dans son cas. On lui a arraché sa seule famille et depuis... Il supporte sa condition sans faillir, sans faiblir, en donnant chaque année ses plus belles fleurs et finalement, il se meurt pour l'hiver, un peu plus à chaque fois...

    Monseigneur. Cela faisait longtemps qu’on ne m’avait plus appelé ainsi. A dire vrai, je détestais ce genre de titre. Mais quand on fait parti de la royauté, il faut savoir s’y faire... Ce qu’elle annonça n’était sans doute pas incorrect. Mais avec seule électricité comme don, je ne pouvais pas vraiment aider cet arbre. Nous n’allions tout de même pas déplacer un si gros cerisier. Je me pencha légèrement, l’entrapercevant, elle semblait plutôt timide. Ses petites joues rosies m’en convainquirent. Je ris légèrement, rien de bien moqueur mais c’était adorable avouons-le ! Je repris vite mon sérieux cependant, me rappelant ce qu’elle venait de dire. Je fis un pas devant moi et me retourna, face à l’arbre.

      — Je ne peut rien pour lui, malheureusement.

    Je me téléporta juste à côté d’elle, un flash se créa à ma réaparition. Je n'avais toujours pas réglé ce problème. Il me suffit de me pencher légèrement et je pu lui murmurer dans l’oreille.

      — Et vous, pouvez-vous l’aider ?

    [Archi nul désolé, je dois être trop crevée pour faire un truc potable. Je vais dormir un peu ...]

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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Ven 22 Juil - 15:41

    Chacun de nous sent d'instinct que les plus beaux sentiments du monde ne valent pas une seule bonne action. Alors pourquoi tant d'agitation régnait dans mon cœur de jeune fille,je n'étais qu'une simple fille de paysans qui avait suivit son destin enchanté, plein de magie et de guérison, de sourire et de joie comme de deuil et de tristesse. Je n'avais jamais cherché à rencontrer des personnes différentes, il était bien plus fréquent qu'elles viennent à moi pour avoir recourt à mes soins. Souvent accompagnée, j'étais pourtant toujours seule; jeune femme célibataire qui 'aspirait qu'à aider ses prochains, je n'avais que faire d'un homme dans ma vie tant et si bien, que j'avais jusque là, renier cette partie de mon être; celle qui tentait à trouver un être à aimer et chérir...
    Mon dos nu à l'écorce, je me retournai vers l'horizon; vaste infini qui appelait cruellement à la découverte, qui faisait sans cesse rugir les sirènes de l'envie de l'aventure, qui faisait planer dans ses bourrasques venues d'ailleurs le doux parfum de l'inconnu... Il ne parlait pas, n’agissait pas et pourtant il exerçait sur moi une attraction irrépressible. Il restait tant de lieux à voir, de populations à connaitre, de savoirs à apprendre et si peu de temps pour tout faire. Car moi, misérable humaine, je n'étais que de passage ici bas et pour un si bref instant...

    Le cœur gonflé de peine, je ne vis pas tout de suite apparaitre sur mon épaule la petite sphère lumineuse de laquelle émanait une douce chaleur. Se calant au creux de mon cou, elle insufflait une dose de sérénité à mon esprit tiraillé et torturé. Un soupir s'échappait de mes lèvres légèrement entrouvertes et c'est ainsi que je remarquait sa présence à mon coté... Un petit visage innocent qui figurait au sommet d'un corps minuscule et rondouillard qui était enveloppé dans un tissu opalescent aux allures fantomatiques. Infime divinité de la nature, elle sommeillait à présent contre ma peau. Un sourire étirait ma bouche à présent, alors que je m'attendrissait devant ce petit être quand un éclair surgit de nul part, aveuglant et éblouissant. Durant quelques millièmes de secondes, le monde devint d'une blancheur immaculée sous mes yeux agressés et, lorsque les formes et les couleurs revinrent peu à peu; le paysage devant moi n'était plus le même.

    — Et vous, pouvez-vous l’aider ?

    Les motifs du tissu que portait l'inconnu était fins et parfaitement faits, était-il donc réellement de noble naissance comme j'en avais eu l'impression?! Plus curieuse qu'inquiète, mon regard remontait lentement vers son visage. Bien plus beau et remarquable que ce que j'avais pus en apercevoir derrière le tronc, son teint pâle était parfait et sa peau sans aucune imperfection. Était-il noble au point d'en être le descendant des dieux?!
    Absorbée par le spectacle que m'offrait cet être, les légers cris satisfaits de la divinité qui s'était réveillée à coté de mon oreille me firent perdre le cours de mes pensées. Toute joyeuse, elle flottait dans les airs en tournant sur elle même comme une enfant et souriante elle alla se poser au creux du bois derrière moi. C'est ainsi que l'arbre solitaire, se vit redonner un peu de joie et de gaieté.
    Sans vraiment comprendre pourquoi il avait décidé de se faire voir de moi, j'étais heureuse d'avoir pus contribuer même involontairement à une part de son nouveau bonheur. Reportant mon attention sur le jeune homme à la beauté insaisissable, je souris allègrement à son intention.

    - Bien sur que oui! Il se sent déjà bien mieux depuis que nous sommes là.

    S'est alors que, attirée par une incohérence sur ce visage divin, mes prunelles se plongèrent dans les siennes.
    ~ Alors lui aussi est comme moi... ~
    Ma main, comme mut par une volonté invisible, vint écarter une mèche couleur de nuit qui barrait son regard pour finalement se poser sur sa joue claire.

    - Vos yeux... Ils ne sont pas de la même couleur...

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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Ven 22 Juil - 17:04

    Le jour où tu sauras,
    Auras-tu peur de moi ?
    Je me recula d’elle, je m’étais déjà sans doute trop approché pour divulguer cette question. Pourtant, elle ne semblait pas en colère contre moi. Elle... me détailla. Tellement sérieusement que je n’osa point cligner des yeux. Elle n’avait pas peur de moi et elle me respectait à juste titre comme tout homme sur Exodus. En d’autre terme, elle ne savait pas. Cette jeune femme ne connaissait ni mon identité, ni ma race. Je me demandais même si elle connaissait l’existence des Vampires. C’était étrange mais ce qui l’était encore plus c’est que cela me faisait plaisir. Elle ne me considérait pas comme l’héritier du trône vampirique. Elle s’attarda un moment sur mon visage fin, je détourna alors le regard, gêné. Ce n’était pas tout les jours qu’on m’observait si intensément sans aucune crainte. Je la vu du coin de l’œil sourire, alors je reporta mon regard sur son visage illuminé de bonheur.

      Bien sur que oui! Il se sent déjà bien mieux depuis que nous sommes là.

    Cela voulait-il dire qu’elle était donc bien capable de communiquer avec la nature ? C’était... fascinant. J’allais lui sourire, bien heureux à mon tour d’avoir pu aider un tel phénomène de la nature, pourtant son regard redevenu sérieux et curieux me stoppa dans mon élan. Je la fixa à mon tour, plongeant dans ses iris bicolores. Oui, elle aussi... Elle avait la même particularité que moi. Nous partagions le bleu mais sa seconde couleur était le vert alors que la mienne était l’or. Sa main bougea et par réflexe je posa mon regard sur celle-ci directement. Je ne la quitta pas des yeux alors qu’elle s’approcha de mon visage. Petit à petit, je sentis mon rythme cardiaque accélérer. Se rendait-elle compte de ce qu’elle faisait ?... Je plissa les yeux, un instant, alors que ses doigts fins vinrent écarter lentement mes cheveux sombre. Elle détailla mes iris, l’un bleuté, l’autre doré.

      Vos yeux... Ils ne sont pas de la même couleur...

    Cela était-il si étrange ? Est-ce que cela l’effrayait ? Sa curiosité et sa naïveté me rappelait ma mère alors qu’elle n’était qu’une humaine. Elle m’en avait parlé si souvent. Grâce à cette jeune humaine, j’arrivais à ne plus penser à Nyx qui nous avait quitté. C’était agréable, j’avais presque l’impression de revivre. Alors je lui souris, bien que sa main sur ma joue me rendait nerveux... J’aurais voulu fermer les yeux pour découvrir plus profondément ce contact. On dit que les yeux fermés, on le ressent plus intensément encore, privé du sens de la vue. C’était la première fois que j’avais ce genre de contact mis à part avec ma famille. Je garda les yeux ouverts malgré mes rêveries, observant ses iris. Les siens s’accordaient parfaitement. J’avais l’eau et la foudre, deux opposés. Elle avait l’eau et la terre, qui ne pouvaient vivre l’un sans l’autre. Mon sourire se ternit, ma voix trahit mon incertitude.

      Trouvez-vous cela étrange ? Ou même... effrayant ?


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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Ven 22 Juil - 18:14

    Quand vous hésitez entre plusieurs voies, prenez toujours la plus douloureuse car ainsi la satisfaction d'atteindre l'objectif en sera d'autant plus grande et délicieuse. Je soupirais une fois encore, plongée dans ses pupilles aux couleurs irréelles... L'une bleue, comme les grands océans qui bordaient le continents et qui renfermaient en leur cœur les plus grands mystères encore inconnus de la vie sur terre; et l'autre dorée, telle les champs de blés dont les épis se plissent au vent dans une danse souple et docile. Fascinée je l'étais, comme envoutée par son charisme et l’enchantement qu'était celui de son visage sculpté par des êtres supérieures dont nous n'avions aucune idée... Si mes rêves de petites filles avaient pus prendre corps, surement auraient-ils pris la forme de ce garçon dont les allures célestes avaient le pouvoir de m'attirer comme un papillon vers la chaleur d'une douce lumière.
    Je n'avais jamais ressentis une telle... fascination... pour un homme de surcroit et, inconsciemment, se que j'avais toujours voulu cacher et refouler au fond de moi refit surface avec violence et fureur. Ses prunelles qui m'avaient de prime abords captivée, finirent cependant par perdre de mon intérêt. Après tout, cette différence était aussi mienne et je ne savais que trop bien que cette... disparité, pouvait causer bien des désagréments à ceux qui en étaient porteur; mais que pouvions nous y faire. Puisque la nature nous avez fait un tel cadeau, il ne fallait pas s'en plaindre mais plutôt, la cultiver et en faire une force.

    — Trouvez-vous cela étrange ? Ou même... effrayant ?

    Sa voix... Elle éveillait en moi des sentiments jusqu'alors inconnus et... Agréables...
    Ma main, toujours délicatement posée sur sa joie d'ivoire, remonta lentement vers sa tempe alors que la seconde passa sur sa nuque puis derrière son cou et, d'une légère pression, je lui baissait la tête. Sur la pointe des pieds, avec délicatesse et... tendresse? Je déposai un léger baiser sur ses paupières qui venaient de se fermer.

    - Non, ce n'est pas étrange et encore moins effrayant; car après tout vous et moi partageons cette même dissemblance.

    A nouveau mon visage se fendit d'un sourire. Je n'avais nullement peur de cette personne qui était si solennelle et qui semblait, au fond, si seule.
    Mais justement, qui était-il. J'avais beau me sentir en confiance à ses cotés, je ne savais strictement rien de lui... L'esprit du cerisier n'avait pas fait d'alerte à son sujet, car si tel avait était le cas, je me serais enfuit à toute hâte sans en demander plus; mais là, il avait retrouvé sourire et bonheur avec nous. Alors il ne pouvait être mauvais? Les esprits étaient bien trop purs pour ne pas voir le mal et bien trop intelligents pour s'en approcher, or il n'avait esquissé le moindre geste de recul quand l'inconnu s'était affiché devant moi...
    Tant de questions tournaient dans ma petite tête de linotte et, sans toutefois trouver de réponse adéquate à mes interrogations, se qui finit par me sortir de ma rêverie fut notre position plus que... suggestive...
    Un éclair de torpeur passa sur mon visage et mon expression si enjouée se transformait en gêne incroyable. Le léger rose de mes joues vira instantanément au cramoisi tandis que d'un geste se voulant rapide; mes mains se replacèrent dans mon dos, à l’abri de tout autre contact charnel. Mes lèvres se pincèrent en un rictus réservé et mon regard chargé de honte vint accroché le coin de ses lèvres parfaites.

    - Je... Je vous prie de m'excuser. J'ai été... Hum comment dire... Emportée par mon caractère un peu débordant... Pardonnez moi...

    Mon regard dérivé alors du coin de sa bouche en suivant le tracé net et franc de cette dernière, jusqu'à ne voir qu'elle. Plissant fort les yeux et me mordant les lèvres, je chassais de mon esprit la drôle d'idée qui venait d'y faire irruption.
    ~ N'y pense même pas petite sotte, tu ne le connais même pas et pourtant... Résiste! Résiste !! ~


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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Ven 22 Juil - 20:03

    L’attirance qu’elle éprouvait n’était qu’une arme de plus du prédateur que j’étais.
    Le chemin le plus tumultueux sourit aux plus courageux. Quiconque est assez fort et digne pour outrepasser ce défi remportera une récompense à sa mesure. Mais je n’étais pas si courageux et encore moins digne de quoi que se soit. J’étais juste moi-même. J’avais beau être l’héritier de mon père, je n’en restais pas moins un homme. Un simple homme de race vampirique. Certes, un Sang-Pur mais cela faisait-il de moi un Dieu ? Non, non. La vérité était tellement plus loin. Je pouvais ordonner ce que je souhaitais mais ce n’était pas au gré de mon peuple. Je possédais un don que tout les simples sangs jalousaient. Je possédais un sang qui offert avec consentement pouvait rendre n’importe quel vampire plus fort qu’il ne l’avait jamais été. Nous étions respectés mais au fond bien des vampires nous haïssaient. Père n’était pas seul, il avait Mère et Laïna. J’étais seul, comme Nyx, j’étais parti. Je ne supportais plus d’être cloitré à la maison. Babylon avait beau être vaste, je me sentais comme un oiseau en cage ! Je détestais ça. Ma liberté était tout ce qu’il me restait, à ce jour. Et maintenant que Nyx n’était plus là, est-ce que mes parents m’en voulaient ? Étaient-ils inquiets pour moi ? J’avais peur du face à face. J’avais peut-être tout simplement peur du monde.

    Au fond de moi, je me demandais pourquoi je ne cherchais pas la facilité. Je ne l’avais jamais choisie et pourtant, cette vie que je menais aurait pu être tellement plus simple si j’avais choisie une voie moins hardie. Ici même par exemple. Plus le temps passait et plus je voyais en son regard, en ses gestes une passion peu commune. Petit à petit, elle succombait. Mais cela n’était qu’un malheureux jeu de ma nature. La fascination qu’elle avait en mon égard n’était du qu’à mon appartenance. Et savoir, de plus, qu’elle ne savait sans doute rien des vampires était pire souffrance. J’aurais pu me complaire dans cette illusion parfaite. J’aurais pu troquer ma solitude pour un amour qui ne serait autre qu’un mirage. Mais c’était choisir ce chemin beau et coloré qui m’appelait d’une voix douce. C’était fuir la difficulté de la vie. Et, une part de moi continuait de rejeter ces choix simplistes.

    Malgré moi, j’étais un simple homme vivant sur Exodus. Un simple homme qui par malheur ne su pas retenir son misérable cœur. Ainsi, sans aucun retour possible en arrière, je sentais mon être trembler sous ses touchers satinés. Mais aussi, sous ses lèvres qui par-dessus mes yeux clos semblaient créer mille papillons jouant sur ma peau. J’avais un cœur qui battait parfaitement. Du moins, c’est bien ce que je pensais il y a bien une heure de cela. Il ne semblait, maintenant, battre correctement que lorsqu’il s’affolait en sa présence. Mais je n’étais pas si faible, d’autant plus que rien de ce qu’elle éprouvait n’était réel. Je lui souris. Et malgré moi, ce fut un sourire faux, presque compatissant. Je me demandais combien de temps j’arriverais à suivre et à survivre à ce manège. Hm... Et dire que je ne connaissais toujours pas son prénom. Elle devait se poser tant de questions. Et tant d’entres-elles resteront sans doute à jamais sans réponses. C’était là, un destin cruel. Autant pour elle que pour moi, comme pour chacun des êtres vivants sur cette terre. Si peu de nos questions trouveront des réponses.

      Non, ce n'est pas étrange et encore moins effrayant; car après tout vous et moi partageons cette même dissemblance.

    C’était peut-être d’ailleurs la seule chose que nous ayons en commun à cet instant. Maintenant qu’elle n’était plus attiré que par moi... La jeune femme pleine de joie de vivre, curieuse et étrange qui parlait aux végétaux avait à moitié disparue. Il ne restait de cette apparition qu’une enveloppe charnelle qui s’accrochait désespérément à moi. Et elle me souriait, une nouvelle fois... C’était un sourire chaleureux, peut-être comprenait-elle au fond ce que je ressentais. Cependant, une chose était sûre, elle ne comprenait pas du tout ce qu’elle faisait. Ses fines mains au creux de mon cou, brûlantes... Son regard attrayant qui semblait percer toutes mes défenses.. Ses cheveux flottant avec élégance au moindre souffle de vent. Et bien malgré moi, son odeur enivrante, douce et délicate. Il fallait voir la vérité en face car quand bien douloureux cela était à admettre, j’étais un Vampire. Son regard changea, il me sembla qu’enfin la demoiselle se rendait compte de ses actes. Le sang lui monta aux joues et celles-ci prirent une jolie teinte rosie qui petit-à-petit vira au rouge intense. Je passa instinctivement ma langue sur mes canines qui sans aucun étonnement étaient plus que sensibles... Je n’avais pas spécialement soif et d’un côté heureusement pour elle. Je me demandais même si elle le faisait exprès. Mais au vu de sa naïveté, c’était tout simplement irrationnel... Elle se retira vivement et plaça ses mains derrière son dos comme un enfant qui admettait sa faute. Son regard ne quitta pas mes lèvres. Était-elle si attiré par moi ?

      Je... Je vous prie de m'excuser. J'ai été... Hum comment dire... Emportée par mon caractère un peu débordant... Pardonnez moi...

    Non vraiment. Elle ne comprenait pas. Il fallait que je lui explique avant de faire une grave erreur. J’entrouvris ma bouche l’espace d’un instant pour inspirer profondément l’air frais alors que le vent fit des siennes à mon avantage. Calmant ainsi la brûlure naissante sur mes canines légèrement grandit par l’envie. Je clos de nouveau mes lèvres et sans quitter son regard bicolore, je lui dévoila ce que j’étais. Et j’espérais qu’elle comprenne avant de peut-être s’enfuir en courant...

      Vous ne comprenez pas. Ce n’est pas votre faute mais, la mienne. C’est uniquement parce que je suis un prédateur, un... Vampire..


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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Sam 23 Juil - 19:07

    — Vous ne comprenez pas. Ce n’est pas votre faute mais, la mienne. C’est uniquement parce que je suis un prédateur, un... Vampire..

    Mots cruels, phrase amère, pénible déchirure... Un feu qui brûle en éteint un autre ; une douleur est amoindrie par la vivacité d'une autre douleur et pourtant, cette fois là, il me semblait que tout venait de sombrer dans un néant immuable et intenable. Le soleil caressait de ses rayons suaves nos deux corps immobiles; et comme pétrifiée par les dernières syllabes prononcées, un froid saisissant s'insinuait dans mes veines, utilisant mon sang pour véhiculer son poison acide. Figée, je ne savais que dire, que faire mais j'étais sur d'une seule chose; mon cœur risquait de s'emballer, de battre à tout rompre et de s'éteindre dans un dernier soubresaut si je n'arrivais à calmer le rythme effréné de sa course dans ma poitrine douloureuse. Qu'elle était cette sensation brulante et difficile qui comprimait tout mon corps, comme prit dans un étau invisible, écrasé entre les mains surpuissantes de la fatalité. Qu'avais-je donc fait pour que mon destin soit parsemé de tant d'épreuves... J'avais perdu mes parents d'une manière affreuse et incongrue, de simples flammes avaient suffit à réduire mon passé à néant pourtant, ces mêmes flammes n'avaient pas pus effacer ma phobie irrationnelle des vampires. Je n'en avais jamais rencontré et encore moins connu et pourtant, les histoires et contes d'enfance étaient emplis de leurs récits de sauvageries, de carnages, de violences et de cruauté... Un long sinistre frisson me parcourut l'échine, toute couleur avait disparu de mon visage et ma vision devint floue...

    Son regard sur moi n'avait pourtant pas changé, toujours calme et posé mais il m'était devenu insupportable à présent. L'écorce dans mon dos se fit sentir et une vive douleur le long de ma colonne me fit prendre conscience de mes mouvements: coincée entre l'arbre et ce vampire le seul geste de recul fut de me coller au tronc noueux qui enfonçait ses ongles végétales dans ma chair. Par réflexe ou par inconscience, ma main se portait à ma bouche, se plaquant violemment contre mes lèvres entrouvertes de douleur et de peur. Il fallait que je m'échappe, que je fuis, que mon cœur cesse ces épouvantables embardés, que mes pensées arrêtent de revivre les moments perdus de mon passé mais; comment partir quand son corps tout entier ne veux plus vous écouter, comment de dérober à son emprise quand vous êtes aussi démuni qu'un nouveau né, incapable de parler et encore moins de hurler. Je devais me soustraire à son regard, ne plus voir ses prunelles enchanteresses... Allez, un simple effort, une simple action; et tu pourras t'écrouler si tu le souhaite.
    Rassemblant le peu de contenance et de force qu'il me restait, une impulsion et un mouvement finirent par me mettre face à l'enveloppe végétale. Mais ongles tentèrent vainement de s'enfoncer dans cette matière solide qu'était le bois mais je ne fis qu'amplifier ma douleur, cette même douleur que les larmes coulant maintenant le long de mes joues d'ivoire ne pouvaient épancher. Les gouttes humides et silencieuses parcouraient ma peau sans s’arrêter et finissaient par tomber au sol sans un bruit.
    C'est là que je l'aperçut, cette petite tête aux allures célestes. Elle regardait, d'un air incrédule les sillons laissés et d'un geste doux, sortant du tronc blanchâtre, sa main lilliputienne tentait de les effacer. Un sourire crispé vint s'afficher sur mon visage. Car après tout, si cet esprit n'avait pas peur de lui, pourquoi moi devrais-je en être effrayée...

    C'est là, que je compris... Toutes les histoires, les fables, les contes et chansons existantes sur eux, étaient peut être inspirés de faits réels mais peut être avaient-ils été embellis pour faire croire à tout autre chose?! Le hochement de tête ravie de la minuscule créature me complaisait dans cette théorie. Finalement, il n'était pas ce monstre assoiffé et violent mais simplement une personne différente... La divinité retrouvât elle aussi le sourire et, après avoir déposé un léger baiser sur le bout de mon nez, elle retournât se cacher au cœur de son habitation solitaire. Quelques secondes plus tard, les premières pétales des fleurs de cerisiers se détachèrent et bientôt se fut comme une pluie rose qui s’abattait sur nous.

    - Et au diable ces foutaises!

    Bouillante d'une pulsion absurde, un regain d'énergie puissant me fit me retourner de nouveau face à lui. Plus e peur, plus de rancœur mais simplement cette envie, cette folle idée que mon esprit avait imaginé. C'est là, sous la surveillance et dans le silence d'un cerisier heureux; que sur la pointe des pieds je me hissais, que mes mains à nouveau trouvèrent le chemin de son cou et que mes lèvres se pressèrent contre les siennes.

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Gabriel Tinuviel
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Sam 23 Juil - 21:44

    C’est une voie sans issue... Un océan sans fond...
    Ce n’était pas si simple. Ce n’était qu’une phrase, une malheureuse suite de mots mais, ils étaient si tranchants. J’entendais les pulsations de son cœur ralentir, devenir hasardeuses et enfin complètement hors de contrôle. Je percevais les pulsations électriques de son esprit au bord du gouffre, cherchant un appui, un équilibre pour ne pas s’effondrer. Je vivais en même temps qu’elle la déchéance de ce qui l’animait auparavant. Elle avait... peur de moi.. Pétrifiée, seule sa respiration trahissait son corps encore en vie. En était-il de même pour son cœur ? Par moment, je quittais ses yeux pour ses lèvres, attendant le moment où celles-ci prendraient vie pour me blesser, ou me faire partir avec des mots tranchants. Mais rien... Seul le bruissement du feuillage du cerisier et de l’herbe à nos pieds empêchaient un silence insoutenable. La jeune inconnue sembla pâlir et sa chevelure sauvage paru plus enflammée qu’auparavant. Elle semblait oppressée, prisonnière d’un déluge de question, naufragée se débattant pour survivre dans une mer déchainée. Elle avait donc peur des vampires. N’ayant jamais connu de nous que des contes pour enfants. Des contes dont la morale était de ne jamais sortir le soir, car si l’on outrepassait cela, Sire Dracula viendrait dans sa grande cape vous capturer et vous prendre tout votre sang, avec ses crocs longs, saillant et aiguisés. On avait toujours dit de lui qu’il avait les cheveux courts, des yeux rouges sangs brillants et qu’il était vêtu d’un beau costume surmonté d’une longue cape à col noir à l’extérieur et rouge à l’intérieur. Alors lui ressemblais-je tant que cela ? J’avais pourtant de longs cheveux noirs et fins tombant en cascade, des yeux bicolores encore uniques à ma connaissance et les costumes n’étaient pas tant mon fort... Mais le temps était passé et bien d’autres histoires avaient pu naître au cœur des bois, dans ces camps autour d’un feu de bois pour faire peur à tout ces enfants. Pourquoi continuer de mentir à toutes ces générations ? Tant d’entre-nous étaient civilisés, maîtres d’eux-mêmes et ne se nourrissaient que de faune ou de condamnés à mort. Pourtant, savoir que nous nous nourrissions de sang suffisait à dégouter bon nombre de nos voisins, tels les Elfes. Malgré tout les dires, nous n’en restions pas moins des êtres vivants à la même échelle que les autres...

    Elle tenta de s’éloigner de moi, une réaction à laquelle j’étais maintenant presque habitué. Elle se pressa juste un peu plus contre le cerisier en fleurs, qui lui n’avait pas bougé. Son visage se modifia, laissant apparaître ça et là des traces de la douleur qu’elle ressentait maintenant activement contre son dos. Son cœur était fort, les larmes n’avaient pas encore perlés à ses yeux. Des larmes sans nul doute pures, avec un faible goût salé. Elle se refusait sans doute à pleurer devant un.. vampire. Soudain, son rythme cardiaque changea encore. Elle allait bouger. Peut-être allait-elle fuir comme prévu ? Seulement non, ce ne fut point ce qu’elle fit. Peut-être même ce geste fut-il plus douloureux qu’une fuite à mon égard. Comme si son âme se cachait de moi, au cœur de son enveloppe charnelle, me claquant sans ménagement la porte au nez. Sans me laissez le temps d’esquisser ne serait-ce qu’un misérable geste, elle se réfugia contre le grand cerisier. Et ce qui ne devait m’être dévoilé se déversa lentement, telle une mort agonisante, laissée à l’abandon. C’était là, une pureté que je n’aimais pas voir et qui s’écrasa avec fracas contre la terre. D’ici, je pouvais entendre distinctement chaque larme rejoindre le sol. J’aurais voulu faire un pas en arrière, pivoter sur moi-même, faire demi-tour et partir sans un mot. Mais au fond, il m’était tout simplement impossible de laisser quelqu’un, homme, femme ou enfant, pleurer ainsi non loin de moi sans tenter quelque chose, n’importe quoi. Il y avait tant de souffrances dans notre monde et si peu d’âme pleine de bonté prête à intercepter ces larmes... Alors même si j’avais mal, même si elle détestait ce que j’étais, je fis un petit pas de plus vers elle. Refermant quelque peu, le gouffre nouveau qu’elle avait érigé entre-nous...

      ...

    Mais les mots ne venaient pas. Pourquoi ne trouvais-je pas les bons mots pour la rassurer ? Peut-être parce que je savais qu’avec son état actuel, elle aurait encore plus peur ? Non, à bien y réfléchir, je pense que c’était tout autre. C’était moi qui craignait sa réaction et même si je ne la connaissais que peu, de la perdre à jamais. Je baissa mon regard vers le sol, observant ses larmes disparaître en assombrissant la terre, rejoignant la rivière de la vie. Des secondes, des minutes passèrent avant que je ne me décida à relever le regard vers elle. Observant sa chevelure onduler et danser avec le vent, d’un regard pourtant déchiré. C’était tellement dommage et j’en étais attristé. Elle qui semblait si joyeuse, qui aurait pu devenir une bonne amie et qui sait, peut-être un peu plus avec du temps. Voilà que maintenant, j’étais responsable de la lourde peine qu’elle portait. Je soupira, sans un bruit, pour moi-même. Je me faisais honte, incapable de l’aider et encore moins de partir. Je n’étais qu’un idiot. Un simple idiot... J’inspira profondément, fermant les yeux pour profiter de cet instant qui me calma quelque peu. Et lorsque je les rouvris, tout s’était teint de rose ça et là. Le vent portait avec lui, les premières pétales de cerisier rendant ainsi la place un peu plus magique. Sans moi ici, le tableau aurait pu être des plus magnifiques...

      Et au diable ces foutaises !
      ... !

    Elle avait crié, mais n’étant pas télépathe, je fus incapable de comprendre le sens de ses mots prononcés avec une force nouvelle tout de suite. Les pleurs c’étaient tarit, il ne restait plus que le vent et les battements à nouveau irréguliers de son cœur. Elle allait de nouveau bouger et jamais, au combien jamais, je n’aurais cru qu’elle ne fit cela. A nouveau, ce fut comme si mes barrières n’étaient que misérables amoncèlements de glace. Elles furent percées, de part en part, par une flamme nouvelle qui les fit fondre sans aucune difficulté. Enlaçant mon cœur froid et meurtri qui, au contact de celle-ci trembla de bien-être. Comment ne pas répondre à un baiser si rempli d’espoir et autant passionné...? Mes mains cueillirent son visage alors que les siennes vinrent se poser avec délice contre mon cou. Un frisson nouveau parcouru mon corps. Ma main droite, de son cou, glissa lentement contre ses côtés pour aller se loger au creux de son bassin... J’aurais pu l’attirer ainsi un peu plus contre moi, savourant d’autant plus cet instant. Mais les questions se chamboulaient et c’était là une mauvaise conduite que j’avais, je la connaissais si peu. Rien de tout ceci n’était raisonnable. Je la repoussa lentement, m’accrochant le plus longtemps possible à ses lèvres. Je me sentis alors bien faible, comme si je lui avais délibérément transmis toute mon énergie. Mais c’était juste le contrecoup de l’émotion. Ma respiration hasardeuse et les battements affolés de mon cœur en était la preuve. J’inspira profondément et plongeant mes iris brûlantes aux plus profond des siennes je lui demanda enfin qui elle était.

      Qui êtes-vous donc pour succomber à la folie de me voler mes lèvres ?

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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Mar 23 Aoû - 17:51

    Pourquoi et comment? Pour elle ou pour lui? Qui aurait pu savoir ce qui venait de traverser cet esprit tourmenté. Tiraillé entre la réalité et ses croyances, écartelé entre un désir audacieux et une peur viscérale; la doxa jamais n'aurait pu se douter qu'une adulte réagirait de cette manière, bien trop enfantine mais à la fois si téméraire. Qui était-elle pour se jeter ainsi dans la gueule du loup? Qui était-elle pour ainsi écarter les dogmes établis par des années, voir des siècles de haine et de rancœur entre ces deux races? Les humains, bien trop faibles pour se défendre des vampires, préféraient se mentir et les détruire dans des récits qui les vouaient à une animosité éternelle. Eux, si puissants; ne devenaient finalement rien de plus que des bêtes qu'ils fallaient à tout prix éviter si l'on tenait à la vie. Mais qui pouvait réellement dire "Jamais je n'ai croisé de vampire de ma vie!", eux si semblable à nous, si ressemblant dans toutes leurs différences, capable de pensées et surtout de sentiments.

    Perdue, je l'étais. S'en était si cruel... Il n'y a encore même pas une heure, je n'étais qu'une humaine comme toutes les autres; innocente et crédule, croyant que la vie n'était rien de plus qu'un fil linéaire ne pouvant être détourné, comme déjà écrit avant même notre venue au monde. Mais que dire de lui qui venait de se mettre sur ma route? S'il n'était qu'une illusion, qu'un rêve, qu'un songe; une simple erreur sur mon chemin... Mais une chimère pouvait-elle frissonner sous mes mains fébriles, emprisonner mes lèvres ingénues avec douceur et me toucher avec tant de retenue?! Il était aussi réel que pouvait être impossible cet instant. Sa main... Parcourant mon corps fiévreux, elle ne faisait qu'augmenter cette morsure brulante qui me consumait de l'intérieur. Le lâcher? Je n'en avais pas l'envie. M'enfuir? J'y avais songé. Mais quand son corps refuse de bouger que peut-on faire contre cela, quand seul son cœur battant contre mon sein me tenait éveillée, comme bercée par son rythme irrégulier et saccadé.
    Les quelques secondes qui s'écoulèrent me paraissaient en être étirées, comme devenues des heures entières; par le simple fait de sa présence et si je n'avais la force de rompre ce lien charnel, aussi tenu soit-il, c'est lui qui y m'y fin. Heureuse ou malheureuse, bien-être ou terreur... Tout était si confus que mon esprit était vidé de toutes pensées et de toutes questions. Je n'étais à présent qu'une enveloppe, dénuée d'essence vitale; une simple marionnette à sa merci qui fixait son visage, comme aveuglée.

    — Qui êtes-vous donc pour succomber à la folie de me voler mes lèvres ?

    Sa voix s'insinuait en moi, coulant dans mes veines comme un fleuve tumultueux aux mille vertus. Ses prunelles plongées dans les miennes, incendiaient et ravageaient mon cœur et elles faisaient grandir dans mon ventre une nuée de papillons virevoltant de plus en plus rapidement. Je n'avais plus de force, comme si elle avait totalement disparue de mon être. Mes jambes tremblèrent et finalement commencèrent à se dérober sous moi. Par réflexe ou non, mes mains s'agrippèrent aux pans de son vêtement alors que je me sentais défaillir et tandis que mes pouces effleurèrent la peau d'ivoire de son cou, la fraicheur de cette dernière me fit frissonner, moi qui avais si chaud. Mais... Ne venait-il pas de poser une question?! Mon esprit tortueux ne savait trop que répondre ne sachant s’il était réellement sincère.

    - Ne suis-je pas comme vous? Un être de chair et de sang, dont le cœur bat au rythme de ses instincts les plus primaires. Ne suis-je pas comme vous, une personne pouvant ressentir de l'attirance?! Et au final, ne sommes-nous pas tout deux des adultes trop jeunes pour réellement comprendre le sens de ce qui nous arrive...

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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Mar 23 Aoû - 19:36

    Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis...

      But even if I'm with someone,
      Mais même si je suis avec quelqu'un,
      Something is missing...
      Quelque chose en moi manque...

    Je ne croyais pas au Destin, très chère. Je croyais juste que vous étiez suicidaire. A moins, que vous ne soyez complètement folle ou perdue. Mais peut-être était-ce moi qui était en tord, qui n’ai rien vu. Peut-être était-ce mon propre cœur qui était fendu ? Peut-être étiez-vous un Ange tombé du ciel ? Vous semblez voir si clair dans mon petit jeu essentiel. Je voudrais savoir comment vous faites cela ? Briser ainsi toutes ces murailles et ce masque que je portais en moi. Ceux là même que j’ai mis tant de temps à façonner à brut. C’est déstabilisant, déséquilibrant et peut-être qu’avec du temps, cela ne sera que la signification de ma perte, de ma propre chute. Je souriais toujours devant tout le monde même lorsque rien n’allait vraiment. Ce sentiment qui vous rongeait de l’intérieur, se nourrissait de votre désespoir, il ne vous lâchait pas, il restait fixé contre votre cœur, éternellement... Au fond, j’étais seul comme jamais, c’était un sentiment absolu. Et malgré vos doux gestes et vos belles paroles, rien de tout cela n’était révolu... Je restais seul avec moi-même, avec mon pire ennemi. Mais un jour viendra où tout cela sera fini. Peut-être par votre apaisante lumière.. Peut-être par une mort éphémère...

    J’étais un Vampire. Un Sang-Pur. Un homme. Et pourtant malgré tout cela, je n’avais jamais était si faible. Je n’étais qu’un sombre idiot trop docile. Se laisser ainsi aller contre la première femme que je croise aujourd’hui n’était vraiment pas intelligent. Aurais-je du partir ? Alors que dans son regard si semblable au mien je pouvais lire toute la détresse de ses pensées... Elle était timide, naïve et tellement persévérante pourtant. Peut-être était-elle ce que j’avais toujours cherché ? Mais cela semblait si simple. Moi qui avais toujours vécu dans la méfiance des autres, aujourd’hui, pouvais-je faire confiance à une inconnue qui refusait obstinément de me donner son prénom et qui parlait à certains esprits de la terre ? Vu ainsi, c’était assurément non. Alors... Pouvais-je avoir confiance en la seule et unique personne qui avait osé faire un pas vers moi ? Hm... Pouvais-je faire confiance à une femme qui perdait toute sa détermination en me regardant ? Pouvais-je croire en elle ? Elle sembla défaillir à nouveau, mon bras enlaça un peu plus sa taille et ma main se logea au creux de son dos pour la soutenir. Elle s’agrippa instinctivement à mes vêtements alors que ses doigts glissaient contre mon cou. Brûlants... Pouvais-je vraiment croire en un miracle.. ?

      Ne suis-je pas comme vous? Un être de chair et de sang, dont le cœur bat au rythme de ses instincts les plus primaires. Ne suis-je pas comme vous, une personne pouvant ressentir de l'attirance?! Et au final, ne sommes nous pas tout deux des adultes trop jeunes pour réellement comprendre le sens de ce qui nous arrive...

    N’oubliait-elle pas la part d’ombre qui grondait en moi ? N’oubliait-elle pas que mes instincts les plus primaires n’étaient que traque et sang.. ? Non, nous n’étions pas semblables, loin de là. J’étais un prédateur, un danger pour son espèce et elle le savait pertinemment. Ces mouvements de recul lorsqu’elle sut en furent la preuve irréfutable. Au fond d’elle, peut-être aurait-elle toujours peur de moi. Le temps s’effrita encore et avec lui mes convictions et mes résolutions. Le cœur était déjà perdu au fin fond d’un monde bien sombre. Il me fallait lui répondre. Mais que répondre quand ce qu’il y a à dire est ce qu’il y a de plus cruel ? Après lui avoir ouvert les yeux, elle allait fuir. Mais au fond, pour elle, c’était une fin enviable. Rester humaine est un privilège dont elle ne doit pas se détourner. Être immortel est une souffrance à part entière. Encore plus lorsque chaque être de votre race aimerait votre sang, votre rang. Si lourd à porter. Tant de souffrance. Le monde pouvait parfois se montrer cruel. Ma main libre vint effleurer son cou, capturant le petit ruban qui y trônait. Tirant dessus lentement, le nœud se défit laissant son cou nu. Je baissai ma tête jusqu’à la naissance de celui-ci, laissant mes cheveux tomber en cascade et mon souffle glisser sur sa peau colorée.

      N’oublie pas ce que je suis...

    Un monstre, un prédateur, un vampire, appelez ça comme vous voulez. Je l’avais tutoyé mais après ce qu’elle avait fait, je suppose que je pouvais me le permettre. Mes lèvres effleurèrent sa peau et avec délicatesse mes crocs vinrent frôler sa peau fine et fragile. La soif n’était pas violente, le contrôle encore largement stable grâce au conseil de Père. J’aurais pu rester ainsi une heure durant peut-être deux. Je remontai ainsi jusqu’à son oreille où mes crocs disparurent au profit de mes lèvres qui lui susurrèrent faiblement :

      Pourquoi moi ? Je ne suis pas fais pour toi.

    J’avais beau prétendre être fort auprès de tous, il n’y avait qu’avec ma mère, mes sœurs et maintenant elle que j’étais vraiment moi-même. Un pauvre gamin apeuré de la réalité. Un gamin qui voit sa vie se modifier trop vite, qui grandit trop vite. Je fermai mes yeux et resta ainsi contre elle, comme si cela pouvait m’apaiser. Mais la vérité, c’est que j’avais toute les peines du monde à me relever pour la regarder en face. J’étais... vulnérable.

      Pretending to be so strong and stubborn didn't work out too well.
      Feindre d'être si fort et têtu n'aura pas fonctionné si bien.
      I feel like I'm going to burst...
      C'est comme si j'allais imploser, brûler...

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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Mer 24 Aoû - 1:09

    Je ne le savais que trop bien, sous qu'elle étiquette il se présentait. Il était la bête, l'horreur, le monstre et l'immondice; il était l'incarnation même de se que jamais l'homme ne serait. Et quand les êtres humains ne peuvent avoir, ils jalousent et font de l'objet de leur jalousie une chose abjecte et ignoble. Il devait faire partie d'une race soit disant violente et sans pitié, pourtant, il semblait si seul et singulier. Qu'elle place était la sienne dans les récits d'épouvante que l'on faisait sur ceux de sa race. Il n'était pas plus bestial que le plus rustre des hommes. Du moins le pensais-je durant encore quelques instants. Il n'avait pas hésité à me soutenir, moi la frêle et chétive humaine et encore maintenant, je pouvais sentir dans mon dos la rassurante présence de son bras et la finesse de sa main entre mes reins. J'avais beau le voir en contemplant encore ses iris incandescentes, je ne réalisais pas à quel point nous étions proches. Lui qui au début était resté en retrait derrière le cerisier se trouvait maintenant juste devant moi. Il semblait se mouvoir au ralenti, mes yeux se détachant des siens pour suivre sa main gracile qui venait défaire le nœud à mon cou. Oserait-il aller si loin? Il en avait la force et le pouvoir, peut être même l'envie; à moins que ce ne soit moi... Son visage se pencha jusqu'à disparaitre sous sa chevelure de jais. Son parfum, enivrant et entêtant me faisait presque tourner la tête. Je ne tremblais pas, ou plus, et pourtant j'avais tellement redouté un tel moment... Mes mains qui tenaient son col relâchèrent leur prise et, lentement, presque paisiblement, glissèrent sur son dos finement musclé. Il soufflait, cruellement, contre ma peau. Mon regard se perdit au loin, vers un horizon encore clair et limpide. Non je n'avais pas peur.

    — N’oublie pas ce que je suis...

    Pourquoi... Pourquoi ne pourrais-je pas l'oublier... Qu'est-ce qui pouvait m’empêcher de ne te voir que comme un homme... C'est là, comme un simple rappel à la réalité, que la mansuétude de ses lèvres laissait place à la dureté de ses canines. Elles ne faisaient que me frôler mais pouvait-il encore respecter mon humanité avant que je ne devienne sa martyr... Ma vision se troublait, en silence, et les premières larmes roulèrent sur mes joues et finirent par se détacher pour se perdre dans sa chevelure couleur de nuit. L'une plus cruelle encore que les autres, s'égarait jusqu'à ma bouche entre-ouverte me laissant gouter à ma propre faiblesse. J'aurais pu hurler, me débattre, le repousser ou du moins m'y tenter mais je ne le voulais pas. Serait-ce par peur? Non je ne la ressentais plus... J'étais terrifiée, comme paralysée. Mes doigts se refermèrent à nouveau sur lui, à m'en faire mal. J'étais si effrayée à l'idée qu'il s'insinue en moi, que la douleur me submerge pour effacer tout se qui s'était déroulé avant. Je voulais me souvenir de ce baiser inopiné et partagé, de son corps contre le mien et de l'écho lointain de son cœur contre ma poitrine alors que j'étais à sa merci... Je voulais me souvenir de son humanité...
    Comme un supplice carnassier, il fit courir ses crocs encore un léger instant qui me parut interminable.

    — Pourquoi moi ? Je ne suis pas fais pour toi.

    Sa voix, à nouveau, résonnait à moi comme un soulagement et pourtant... Tétanisée, je ne savais quoi dire, que faire; comment réagir. Il n'avait pourtant pas hésité à me dire se qu'il était dès le départ et moi, pour le remercier de sa sincérité, je restais là, prostrée comme une enfant; comme cette enfant que j'ai été devant les flammes, cette petite fille contemplant d'un air hagard son passé se réduire en cendre. Allais-je donc laissé le futur s’échapper lui aussi...
    C'est là que, muscle après muscle, je resserrais mon étreinte autour de lui; me rapprochant, me collant à lui comme voulant entrer dans sa peau, ne pas le perdre. Une main se libéra, remontant le long de sa colonne, passa sous ses mèches sombres et les écarta, puis elle descendit encore, attrapant le vêtement et l’entrouvrant, mettant ainsi à découvert sa chair à découvert. Je penchais à mon tour la tête, comme il le faisait contre moi, à la seule différence que mes mâchoires vinrent se ficher sur sa clavicule. Mes dents s’enfoncèrent, encore, encore un peu, bientôt je pourrais le relâcher. Quelques larmes perlèrent de mes yeux à ma bouche puis s'écoulèrent sur lui, comme les gouttes d'un sang transparent. Quand enfin, je jugeais le temps bon, j’entrebâillai mes lèvres et le libérai. Sur la membrane pâle, la marque de ma morsure saillait comme un sceau, ma signature.

    - Si tu es un vampire, tu dois sentir cette terreur qui me paralyse; moi qui ne suis qu'une proie pour toi, une parmi tant d'autres. Je déglutissais difficilement, ravalant une autre montée de pleurs. Je n'oublie pas se que tu es et pourtant...

    Je ne pouvais continuer... La main qui tenait le pan de tissu vint se plaquer sur ma bouche, presque avec véhémence, contenant au fond de ma gorge le tumulte atroce des gémissements de tristesse. Mon front vint se poser sur son épaule, juste à coté de l'empreinte que j'avais faite quelques minutes auparavant. Mes doigts se décolèrent de mes lèvres et se posèrent sur cette dernière, et comme une caresse, je frôlais cette blessure avec douceur.

    - Pourtant je ne peux te détester... N'y maintenant, n'y jamais...

    Ce doux mouvement, je le continuais pendant encore d'autres longues minutes; n'osant bouger et desserrer l'étau de mon bras sur lui, même si à tout instant, il pouvait se libérer de moi. Mes larmes s'étaient peu à peu taries, une fois de plus. C'est là, dans ce nouveau silence que je décidai de briser, que je lui révélai se qu'il attendait surement depuis longtemps.

    - Il est une légende humaine, qui dit qu'un jour une femme; folle amoureuse d'un homme fort différent d'elle; lui offrit un fil qu'eux seul pouvait voir et toucher. Ils étaient ainsi reliés malgré la distance et les obstacles qui les séparaient... Un beau matin, ils se retrouvèrent grâce à ce fil qu'ils rembobinaient chacun de leur coté et qu'elle avait nommé Espoir. Cette femme, je porte son nom et elle s'appelait Ariane.

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Gabriel Tinuviel
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Mer 24 Aoû - 2:45

      Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes...
      Éternellement seuls, tous nos efforts, tous nos actes ne tendant qu'à fuir la solitude.

    Au creux de son épaule, le monde me parut soudainement moins douloureux. Ce fut comme si j’étais dans une bulle, protégé de tout les malheurs du monde. Seul le temps signifiera la fin de ce moment. Et plus il passait, plus je me posais de question. Je me perdais dans les méandres d’un esprit trop complexe, trop inquiet. Où était passé le Gabriel d’antan qui ne se souciait de rien ? Celui qui filait entre les doigts des adultes pour aller découvrir le monde. Il n’y avait que cela et ma famille d’absolu. C’était tout ce qui suffisait à mon misérable bonheur. Tout ce qui me faisait vivre. Aujourd’hui, je devais vivre avec la mort d’une sœur. Je voyais, petit-à-petit, un gouffre s’agrandir entre mon père et moi. Je voyais peu Mère et encore moins Laïna. Que restait-il de cette merveilleuse famille ? Que restait-il du Gabriel que j’étais ? Peut-être avais-je peur de devenir un adulte, de toutes ces responsabilités, du trône. Tout cela n’était pas fait pour moi. J’étais un peu comme un humain après tout, tout ce que je voulais c’était vivre ma vie comme je l’entendais avant que celle-ci ne prenne fin...

    Une caresse nouvelle me sortie de ma rêverie alors qu’elle frissonnait encore de peur face au toucher de mes crocs. Elle s’approcha un peu plus contre moi, se collant lentement contre mon corps. Le feu se réveilla de nouveau en moi. Agréable, douloureux et dangereux. Pourquoi ne me fuyait-elle pas ? Où étaient ses instincts primaires quand on avait besoin d’eux ?! Elle aurait du fuir ! Faire comme tout le monde et me craindre. Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi était-elle ainsi envers moi.. ? Aïe ! Elle m’avait mordu. Mordu ?! Se prenait-elle pour moi ? Oh mais attendez. Ne me dite pas que... Était-ce des larmes que je sentais glisser lentement contre ma peau par moment ? Cette morsure était-elle sa vengeance ? Quelles étaient donc ses intentions à la fin ? Ne faisait-elle que jouer avec moi ou était-elle véritablement sincère ? Je ne savais plus quoi penser, qui croire et que faire. J’étais sérieusement entrain de douter de moi... Et c’était mal. Oh terriblement mal. Qu’étais-je entrain de faire ? Pourquoi fallait-il que cela m’arrive à moi ? Je voulais prendre de la distance et maintenant... Je me perdais, irrémédiablement.

      — Si tu es un vampire, tu dois sentir cette terreur qui me paralyse; moi qui ne suis qu'une proie pour toi, une parmi tant d'autres. Je n'oublie pas se que tu es et pourtant...

    Une proie.. ? Parmi tant d’autre ?! Se moquait-elle de moi ? En quoi était-elle comme les autres ? N’importe qui ne serait pas venu me voir. Quelqu’un d’autre ne m’aurait pas adressé la parole. Et en bref, aucune personne censé sur cette fichue terre ne m’aurait embrassé ainsi ! Bon sang, cette femme me rendait complètement insensé. Je ne savais même plus comment réagir. Et puis que voulais dire ce « et pourtant... » ? J’aurais voulu qu’elle poursuive sa phrase, ne serait-ce que par curiosité. A moins, que se ne soit pour me rassurer moi-même ? Mais au fond, qui me disait que cette fin de phrase serait positive. Les secondes filèrent et je sentais une angoisse nouvelle naître en moi. Avais-je peur qu’elle ne disparaisse de ma vie ? Ne serais-ce pas légitime ? Avec ces détestables crocs qu’étaient les miens, ne venais-je pas de frôler l’interdit ?...

      — Pourtant je ne peux te détester... Ni maintenant, ni jamais...

    Pourquoi.. ? Pourquoi... Toutes ses questions au fond de moi étaient un supplice de plus, une souffrance de trop. Je relevais le regard au travers de mes cheveux de jais. Sa main vint frôler avec délicatesse la morsure qu’elle m’avait faites, sa marque. Comme pour montrer au monde entier que dorénavant je lui appartenais. Elle m’arracha une légère grimace puis petit-à-petit la douleur laissa place à l’apaisement. Mon regard et mon visage s’adoucirent de plus belle, laissant pourtant flotter sur mes traits un semblant de tristesse et d’incertitude... Je relevai la tête vers le ciel et fermant les yeux sur le feuillage coloré du cerisier, je laissai ma tête en arrière et mes lèvres entrouvertes. J’écoutai d’une oreille attentive les prochaines paroles de la jeune humaine.

      — Il est une légende humaine, qui dit qu'un jour une femme; folle amoureuse d'un homme fort différent d'elle; lui offrit un fil qu'eux seul pouvait voir et toucher. Ils étaient ainsi reliés malgré la distance et les obstacles qui les séparaient... Un beau matin, ils se retrouvèrent grâce à ce fil qu'ils rembobinaient chacun de leur coté et qu'elle avait nommé Espoir. Cette femme, je porte son nom et elle s'appelait Ariane.

    Enfin elle s’était décidée à me révéler son identité. Ariane, porteuse de l’Espoir. Celui-ci serait-il mon salut ? Malgré un nombre fou de question, je les laissai se noyer en moi sans en évoquer une seule. Le fil était-il indestructible ? Comment leur histoire s’était-elle finie ? J’aurais voulu tout savoir sur eux, sur le monde, sur moi-même et sur Ariane. Sur la Ariane qui s’accrochait désespérément à moi. Celle qui perçait lentement le mystère de Gabriel Tinuviel. Mais intérieurement voulais-je vraiment qu’elle voit au fond de moi, un jeune vampire apeuré d’un monde trop compliqué et moins beau que ce qu’il avait si souvent imaginé ? Que voulais-je au juste ? Que voulais-je vraiment.. ?

      — Tu n’es pas une proie Ariane, et encore moins une femme parmi tant d’autre. Tu es bien plus spéciale que tu ne le penses. Tu es...


      If there is just one fated person,
      S'il y a juste une personne qui m'est destiné,
      I would like it to be you...
      Je voudrais que ce soit vous...

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Ariane Valinor
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Jeu 25 Aoû - 21:08

      Le ciel est trop vaste pour quelqu'un comme moi,
      Et le rythme du temps est beaucoup trop rapide.


    Tout ici me paraissait irréel; lui, moi, cet instant. Il était si vivant contre moi, cet inconnu d'un autre monde, d'un autre univers qui m'avait si longtemps répugné et effrayé. Ces animaux au physique semblable à celui de l'homme, assoiffés de sang et de pouvoir, sanguinaire et émissaire de la Mort. Comment se pouvait-il qu'il en soit ainsi pour lui, qu'il puisse faire partie de cette sphère là... Il n'était en rien un représentant de ce peuple et bien que ses canines frôlant ma peau furent aussi tranchante et glaciale qu'une lame à mon cœur, je ne pouvais pourtant me résoudre à le cataloguer avec "autres". Étais-je donc folle? Ou atteinte d'une quelconque maladie ou dégénérescence pour ne serait-ce qu'avoir osé poser mes yeux sur son être? Je n'en savais rien, foutrement rien. Je me sentais si bien là, calée contre son corps robuste et ferme; comme protégée de tout, à l'abri dans le creux de ses bras. Et même s'il était le plus grand danger de tous, il ne l'était pas pour moi; ou alors ne voulais-je pas le réaliser? La nature et le destin s'étaient bien allié sur mon chemin afin de me tourmenter: ma phobie contre mon attirance, ma raison contre mon cœur. Coalition ou complot, je ne savais même pas si cette rencontre allait m'être bénéfique ou néfaste.Allais-je guérir de cette peur extravagante des vampires à ses cotés ou finirais-je par haïr cette race pour se qu'ils sont, si jamais il franchissait la limite qu'étais celle de mon enveloppe charnelle?!
    Se torturer l'esprit était si facile et trouver l'équilibre, la réponse, la solution dans ces tumultes incessants était si compliqué... Quand votre raison vous crie de fuir, de partir sans se retourner, de tout oublier et de reprendre votre vie comme s'il ne s'était passé qu'un songe; votre cœur lui, met l'envers à l'endroit... Pourquoi voulait-il faire de l'objet de ma terreur, une possible personne à aimer, à chérir et à rendre heureux. Serait-ce alors mon caractère trop généreux qui voulait que je lui vienne en aide? Pourtant s'était bien lui qui me sortait peu à peu de ma phobie. Moi la médecin devenait la patiente et lui, le poison, devenait l’antidote. La vie pouvait être si injuste...

    Mais au final, toutes ces pensées n'étaient-elles pas qu'une simple façade? N'avais-je pas besoin du son de sa voix, de son souffle sur moi, de sentir sa poitrine se soulever contre la mienne; pour réaliser de son impact sur moi?! Penser à me séparer de lui en devenait presque... pénible. Il était tout se que j'avais pu détester mais son corps était tout se que le mien réclamait. Il avait su, presque instinctivement, savoir où se mettre contre lui. Comme si, animé de sa propre volonté, il ne voulait se séparer d'une partie de lui même.
    Serais-je entrain de... Mais lui... N'était-il pas... Il était le chasseur des êtres comme moi, l'envoyé des ténèbres sur ceux de mon espèce. J'étais sa victime, il était mon bourreau!

    — Tu n’es pas une proie Ariane, et encore moins une femme parmi tant d’autre. Tu es bien plus spéciale que tu ne le penses. Tu es...

    Perdue, égarée, désorientée ou désemparée? De savoir que finalement je n'étais peut être pas qu'un simple gibier à ses yeux. Ou bien encore apeurée, inquiète, atterrée et affolée à l'idée de se que je représentais à son égard; alors même que l'angoisse et la douleur comprimaient mon cœur tant cet aveu était important pour moi... Je déglutis, difficilement, à tel point que je crus ne pas pouvoir y arriver.
    Je n'osais le regarder, mais je savais pourtant qu'il avait bougé; laissant ses cheveux libres de s'agiter au gré des brises, ses yeux fixaient l'immensité bleutée. Il paraissait si grand et puissant tout à coup, lui qui quelques minutes avant, avait l'air si insignifiant et fragile. Mes prunelles finirent tout de même par se détacher de la morsure encore vive, mes doigts cessèrent leur caresse et glissèrent de plusieurs centimètres sur sa peau d’albâtre, juste un peu, se calant sur son torse que la veste n'avait pas encore recouvert. Une légère impulsion décrochait nos corps, m'obligeant à me faire violence pour ne pas céder à l'appel de reprendre place. Mon regard remontait lentement les lignes de son cou, puis parcourait les traits de son visage enchanteur. Le regarder, le contempler; jamais je ne m'en lasserais. C'est là que je le senti, fluide et doux sur ma paume. Le ruban. Mes iris bicolores se baissèrent et suivirent durant quelques secondes le mouvement ondoyant du tissu, balloté par le vent. Il l'avait défait de ma gorge afin de me montrer sa véritable nature, je devais donc à mon tour lui montrer une preuve de ma sincérité.
    L’attrapant entre mes doigts fins et graciles alors que je me reculais encore; je le fit glisser d'entre les siens en prenant sa main dans la mienne. Presque avec concentration et minutie, j'enroulais la bande autour de son poignet et le fermais avec un nœud similaire au mien, juste plus petit. Un sourire étirait mes lèvres alors que mes yeux se dardèrent à nouveau sur son visage.

    - Prends ce ruban, il te donnera le loisir de penser à moi... Et de ne pas m'oublier...

    Calmement, me hissant sur la pointe des pieds; je déposais au coin de ses lèvres un autre baiser. Me séparer de lui physiquement avait était si difficile, que cet acte me permettais de me rapprocher une fois de plus de lui, cet inconnu qui avait obstinément cherché mon prénom mais qui ne m'avais pas donné le sien.

      Là où nos âmes se damnent,
      Ou le plaisir nous montre sa voie.


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Dernière édition par Ariane Valinor le Sam 15 Oct - 16:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: — Bleuté comme un typhon, dorée comme le soleil ; Ariane.   Jeu 25 Aoû - 23:32

      You can't run,
      Tu ne peux pas t’enfuir,
      You can't hide.
      Tu ne peux pas te cacher.


    Tu n’es pas une proie Ariane, et encore moins une femme parmi tant d’autre. Tu es bien plus spéciale que tu ne le penses. Tu es... Qu’est-ce qui m’avait pris ? Les mots étaient sortis tous seuls. J’avais failli me perdre pour de bon. Je devais rester calme, me contrôler. Et ne surtout pas céder. Je me demandai comment Ariane avait pu réagir face à cela. La crainte, l’incompréhension, le trouble. Chacune de ses émotions et ses sous-fifres avaient du s’insinuer lentement au cœur de son être. Dans sa chair, dans ses veines et dans son cœur, ne faisant faire à son sang qu’un tour, désagréable. Et pourtant je sentais encore sur moi ses mains délicates. Mon regard chercha le sien qui refusait obstinément de me faire face. Je me concentrai alors sur les pulsations électriques de son corps et sur les battements assourdissant de son cœur. Alors seulement, je la vis relever le visage vers moi pour me scruter de ses yeux verrons. De tous ses gestes, c’était sans doute le plus embarrassant. La voir ainsi plonger dans mon regard, jusqu’au plus profond de mon être réveillait en moi des souhaits insoupçonnés... Je sentais encore quelques picotements de douleur contre la morsure et d’autres, incompréhensibles, de part et d’autre de mon corps. Je n’avais plus beaucoup de temps avant le point de non-retour. Je ne souhaitais pas cela, pas encore. Je n’étais pas prêt...

    Je détaillai un instant l’audacieuse humaine. Ses cheveux longs et ondulants au grès du vent, son visage fin et angélique, ses mains si fines et si agiles, tout ou presque chez elle me plaisait. Même son parfum particulier m’attirait. Et c’était ça le danger. J’étais le danger et pour cette simple raison, je devais partir le plus rapidement possible. Mais comment s’y résoudre lorsqu’elle me regardait de la sorte.. ? Ses doigts de soie glissèrent contre mon torse avec délice. Une marque d’affection bien trop déstabilisante à mon goût. Je sentais le frison naître et... L’espace d’un instant, mes prunelles reflétèrent une chaleur et une douceur auxquelles je n’étais pas habitué. Mi-clos, brillant et brûlant. J’aurais voulu dire quelque chose, faire quelque chose mais je ne devais pas. C’était ma trahir moi-même sur mes propres propos. Le frison s’évanouit avant même d’avoir pu s’épanouir contre ma peau. Elle prit appui et se repoussa elle-même de moi, ce qui m’arracha un sourire amusé bref et à la fois un certain soulagement. Encore un peu, et j’allais définitivement craquer pour de bon. Elle me détailla avec beaucoup d’insistance, alors je détournai un instant le regard. Je n’étais pas une brute, ni un monstre, j’étais tout sauf insensible.

    Elle se détacha de moi d’un coup et poussé par la curiosité, je suivis son regard qui s’était accroché sur son ruban. Elle le captura entre ses doigts graciles, se recula et le noua précautionneusement autour de mon poignet. Un sourire illumina son visage angélique et je sentis à nouveau la gêne en moi, rendant mes mains légèrement tremblantes. Se rendait-elle compte de ce qu’elle faisait de moi ?

      Prends ce ruban, il te donnera le loisir de penser à moi... Et de ne pas m'oublier...

    Comment t’oublier quand tes lèvres frôlent ainsi les miennes ? Entre supplice et délice... Je ne savais plus de quel côté tanguer, chuter et me laisser noyer. Elle retomba sur ses pieds, retrouvant sa taille originelle. Elle était un peu plus petite que moi mais rien de bien extraordinaire. Je me demandai un instant ce qu’elle tentait de réaliser en agissant ainsi. Essayait-elle de me rendre fou ? A moins qu’elle ne se rende pas compte de l’effet qu’elle avait sur moi ? Elle pouvait parfois se montrer si naïve et enfantine. Mais au fond, peut-être était-ce cela qui m’avait charmé au début. Un jour tu verras, à l'improviste, je te prendrais par le bras, et on partira loin de tous ces gens, rien que toi et moi, parce-que en réalité rien n'est plus important... La vérité était peut-être dans ses pensées là. Dans ses idéologies digne du Gabriel d’antan qui vivait pleinement sa vie de rêve, d’enfant...

    Je laissa un instant mon regard plonger vers le sol et un sourire en coin flotter sur mon visage un peu plus serein. Peut-être que je ne me perdais pas, peut-être étais-je entrain de me retrouver. Tout cela grâce à une frêle et inconsciente humaine un peu trop belle. Il viendra un moment où je devrais la remercier pour ce qu’elle m’avait apporté en si peu de temps. Comme quoi, les rencontres les plus hasardeuses ne sont pas les moins importantes. Au contraire... La vie aura su si souvent remettre en cause mes idées. Mais seule une personne m’aura ainsi autant chamboulé, jamais qu’une. J’avais bien eu raison lorsque je lui aurais dit qu’elle n’était pas comme les autres. Loin de là. Ariane était un Ange tombé du ciel et je me demandais si sa gentillesse et sa pureté serait à même de me sauver. Je fis un pas en avant pour me rapprocher d’elle, un sourire étirant mes lèvres. Je plongeai mon regard dans le sien et mes mains vinrent lentement capturer son visage délicat. Posant mon front contre le sien, je pris la parole d’une voix douce, celle là même que je pensais avoir perdu à jamais.

      Gabriel Tinuviel. Retiens bien, Ariane et apprends ce que je suis. C’est les yeux clos que je poursuivis. N’aie crainte, nous nous reverrons bien assez tôt. Viendra un jour, où je devrais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi...

    Je relevai mon visage pour déposer un court baiser sur son front. Je fis glisser mes mains de ses joues pour aller attraper quelques mèches de ses cheveux sauvages que je relâchai peu après. Me reculant, je lui fis une révérence digne d’une Reine avant de disparaître, tout simplement.

      We gonna touch the sky...
      Nous allons toucher le ciel...

    Fin ♥.

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